Banniere

Maison d’Hérelle : mon passage hautement bénéfique

MAISON D’HÉRELLE : MON PASSAGE HAUTEMENT BÉNÉFIQUE
Le 16 juin 2011

« Hurry up, he’s borderline! » venait de lancer la répartitrice de l’urgence. La tête posée sur son bureau (je n’avais même plus la force de me tenir droit sur la chaise), je ne fus pas long à voir arriver civière et personnel infirmier. C’était mon entrée de nuit à l’hôpital suite à ma deuxième séance de chimiothérapie, reçue une semaine auparavant (pour traiter un lymphome de Hodgkin en phase 3). Cette ultime agression chimio « thérapeutique » venait alourdir un bilan déjà chargé : 21 ans de séropositivité (dont 15 avec statut de sida), la grippe H1N1 diagnostiquée deux jours plus tôt et  – allait-on découvrir sous peu – une pneumonie.

Dix jours plus tard, je rencontrais Jean-Marc de la Maison d’Hérelle. Devant l’impossibilité de subvenir moi-même à mes besoins et devant l’évidence du besoin d’une importante convalescence, on avait cherché pour moi un lieu d’hébergement. La rencontre fut d’emblée sympathique. Fiou !  Habitué à ma solitude et l’appréciant, j’avais une grande appréhension à devoir séjourner en maison communautaire. Mais bon, me disais-je, je n’y serai que quelques jours, le temps de reprendre un peu de force. C’était présomptueux. J’y suis resté trois mois et demi.

Trois mois et demi qui resteront sans doute parmi les expériences les plus positivement marquantes de ma vie. Dès le premier jour, tous étaient venus me dire combien je pouvais me sentir chez moi dans cette maison. L’accueil, la sollicitude, juste la bonne distance : tout ça augurait un séjour qui se révéla non seulement hautement bénéfique, mais, au surplus, agréable.

Mes premiers jours à la Maison d’Hérelle m’ont amené d’étonnement en admiration : j’étais fréquemment ému de voir tout le personnel – intervenants, bénévoles, stagiaires et personnel d’entretien – traiter tout un chacun avec une égale attention et bonne humeur.

Je m’étais amené à la Maison avec un protocole de traitement alternatif très exigeant qui devait durer trois semaines. On m’a respectueusement, mais aussi dynamiquement soutenu dans cette démarche pourtant audacieuse, voire saugrenue aux yeux de plusieurs. Les soins alternatifs sont d’ailleurs une des distinctions de l’approche thérapeutique à la Maison : l’argile et les huiles essentielles sont judicieusement intégrées aux traitements médicaux; on y offre aussi des activités santé, dirigées par des bénévoles compétents – massage, reiki, yoga, Qi Gong. J’ai eu grand plaisir à me prévaloir de ces supports à ma convalescence. Et ça s’inscrivait on ne peut mieux dans mon deuxième objectif de « réparation », soit la mise au point de ce qui n’allait pas dans ma vie.

Tout cet aspect de ma reconstruction – psychologique, voire spirituelle – a été pour moi un véritable bonus à ma reconstruction biologique. Et je tiens à dire combien je fus excellemment accueilli dans cette démarche. Dix mois après mon départ de la Maison, au moment où j’écris ces lignes, je demeure extrêmement fier de moi d’avoir osé exprimer cette demande et d’avoir ainsi pris en charge ce que j’estimais être « ma » démarche profonde de guérison; mille mercis à mes intervenants qui ont eu la très grande sensibilité et le doigté pour m’accompagner dans ce processus qui demeure encore bien actif et qui, véritablement, me ramène à la vie.

Claude – 55-59 ans – Montréal (Remaides #77)

Share on FacebookEmail this to someoneTweet about this on Twitter