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MIELS – Québec : 25 ans de lutte contre le VIH/sida

MIELS – QUÉBEC : 25 ANS DE LUTTE CONTRE LE VIH/SIDA
Le 8 février 2012

Voilà maintenant 25 ans que le Mouvement d’information et d’entraide dans la lutte au VIH/sida à Québec, MIELS-Québec, existe. Il voit le jour en septembre 1988, à l’initiative d’un groupe de personnes issues de la communauté gaie de Québec, alors que l’on ignore tout de cette infection et que les préjugés, le rejet, la solitude, l’impuissance et la mort détruisent la vie des personnes atteintes du VIH/sida.

Pierre Berthelot, un des membres fondateurs de l’organisme, se remémore cette époque : « Un soir d’août 1986, rue Montmartre à Québec, j’ai vécu ma première réunion de ce qui allait devenir MIELS-Québec. Un microbiologiste et infectiologue, le Dr François Auger, donnait de l’information sur cette « peste » qui décimait les gais des grandes villes occidentales. Le tsunami avait atteint Québec. Parmi la trentaine de personnes réunies, je scrutais surtout les hommes, moins à cause de « l’énergie de mes 30 ans », que pour deviner qui d’entre eux avait reçu le diagnostic de maladie incurable, mortelle au bout de 18 à 24 mois. La majorité était jeune et n’avait pas l’air malade. Ce virus était-il vraiment si hypocrite et insidieux ? J’avais très peur. À m’en donner un élan incroyable. Pour jeter avec d’autres les bases d’une organisation extraordinaire, qui dure, toujours fidèle à ses valeurs premières, en dépit des incontournables compromis. (…) Mon implication à MIELS-Québec a ajouté de la vie à ma vie et l’a transformée à jamais. »

Dès le départ, des commerces de la communauté gaie s’associent à la cause, autant pour amasser de l’argent que pour démontrer leur solidarité envers leurs pairs. MIELS-Québec est sans contredit un organisme issu de la communauté gaie de Québec qui l’a fait grandir pour répondre à l’urgence de venir en aide aux personnes, ainsi que pour travailler à la prévention du VIH.

En 1988, des démarches pour ouvrir une maison d’hébergement pour les sidéens rencontrent une vive opposition, avec notamment une pétition menée par un conseiller municipal de l’époque ayant recueilli 1100 noms. Les résidents de Limoilou ne voulaient pas de sidéens dans leur cour. Il aura fallu l’intervention du maire Pelletier, de l’Évêché et des Sœurs de la Charité pour que le projet voie le jour à l’automne 1988. Le Transit, ensuite rebaptisé Maison Marc-Simon, puis Hébergement Marc-Simon, accueille encore aujourd’hui des personnes vivant avec VIH/sida. Bien sûr, les personnes y viennent maintenant pour reprendre des forces, alors qu’à l’époque, elles venaient pour terminer leur vie. Le nom « Marc-Simon » évoque la mémoire de deux jeunes hommes gais décédés du sida, en 1987 et 1988, tous les deux à l’âge de 26 ans.

Depuis le début des années 2000, le portrait des personnes qui fréquentent l’organisme a beaucoup changé. On retrouve maintenant, chez MIELS-Québec, des personnes représentatives de toutes les populations touchées par le VIH. Il y a plus de 25 ans, à Québec, la communauté gaie ouvrait la voie à tout un mouvement de solidarité autour du soutien des personnes atteintes et de la prévention.

Thérèse Richer,
MIELS-Québec

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