Banniere

Prévention ciblée auprès des communautés haïtienne et africaine

PRÉVENTION CIBLÉE AUPRÈS DES COMMUNAUTÉS
HAÏTIENNE ET AFRICAINES DE MONTRÉAL
Le 21 février 2010

Joseph Jean-Gilles, expert et pionnier de la lutte au VIH auprès des communautés haïtienne et africaines du Québec, est le directeur général du GAP-VIES, depuis plus d’une décennie.

Prévenir la propagation du VIH au sein de ces communautés n’est pas chose facile. Joseph souligne que le VIH reste un sujet tabou, tout comme la sexualité. Cependant, il dit voir une évolution intéressante des perceptions, car le niveau de connaissance des nouveaux immigrants quant aux voies de transmission et aux méthodes de prévention s’est accru, grâce notamment à la prévention et à la sensibilisation faites dans leur pays d’origine. Mais, certaines différences de comportements et de perceptions demeurent. Alors que les jeunes immigrants sont assez bien informés, notamment par le biais d’Internet, leurs aînés ont plus tendance à véhiculer les préjugés. Ou encore, malgré qu’il n’y ait pas de différence du niveau de connaissances selon le sexe, à leur arrivée sur le sol québécois, les femmes cherchent à en savoir plus et le plus rapidement possible, car elles sont motivées par le désir de protéger leurs enfants et leurs proches. Il existe par ailleurs de nettes différences entre le niveau de connaissance des premiers immigrants et celui de leurs enfants et petits-enfants nés ici. En effet: « leur perception diffère de celle de leurs parents, car ces enfants ont été ou sont éduqués ici et aussi parce qu’ils fréquentent les mêmes réseaux que les Québécois de souche». Cependant, Joseph Jean-Gilles est inquiet: comme tous les jeunes québécois, « ils n’ont pas connu le sida. Ils n’ont pas développé de bonnes pratiques sécuritaires en matière de protection».

Une des approches prisées afin de rejoindre ces communautés est l’approche dite réseau. Il s’agit de faire de la sensibilisation et de la prévention par le biais des réseaux sociaux qu’elles fréquentent: les églises, les médias communautaires, les salons de coiffure, les garages, les regroupements de chauffeurs de taxi, ainsi que les lieux sportifs et festifs. Selon le cas, les approches diffèrent sensiblement. En sensibilisant à la cause du VIH les animateurs radio et les chefs d’églises, par exemple, ces leaders ayant une grande influence deviennent des agents d’information pertinents. Dans les autres lieux, des intervenants sont sur place pour informer et sensibiliser. À travers ces réseaux ciblés, GAP-VIES commence à rejoindre directement une population particulièrement difficile à atteindre: les hommes hétérosexuels.

L’approche réseau permet de rejoindre les populations ciblées là où elles socialisent et ce, de manière informelle. Voilà un mode d’intervention qui participera sûrement à stopper la propagation du VIH au sein des communautés ethnoculturelles et à sensibiliser celles-ci aux vécus de leurs frères et sœurs vivant avec le VIH.

René Légaré

Share on FacebookEmail this to someoneTweet about this on Twitter