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L’épidémie de COVID, et l’impact sur les infections par le VIH 

En matière de santé des individus, la pandémie qui sévit depuis 2020 a envoyé le VIH et sa cause dans les coulisses de la scène publique, politique et médiatique. 

Des réductions et des interruptions des différents services à la population ont été imposées par les mesures collectives sanitaires : délestage dans les services, difficulté d’avoir un rendez-vous médical, d’effectuer le dépistage et les analyses en laboratoire, annulation des rencontres informatives de groupes, difficulté de rejoindre les gens à risques (itinérants, consommateurs de drogue, travailleur du sexe, individus avec un profil de santé mentale) et accessibilité restreinte des lieux habituels de réunion. 

Depuis plusieurs années, les groupes communautaires subissent un manque de leadership politique et de soutien financier pour mettre fin au VIH/Sida en suivant les cibles mondiales de l’ONUSIDA.  Ni le Canada ni le Québec n’ont officiellement de stratégie pour arriver à cet objectif.  

Au bilan, il est constaté une recrudescence alarmante des ITSS et un nouveau positionnement des organismes communautaires qui se trouvent à devoir revoir leur situation afin de reprendre leur niveau d’activités en tenant compte des aléas du coronavirus. En effet, durant la pandémie de la COVID-19, le milieu communautaire et d’autres intervenants ont constaté des effets collatéraux néfastes sur les personnes en matière de santé sexuelle : augmentation des ITSS, diminution du dépistage, accès restreints aux médecins, aux services, à la prévention, mais aussi en termes de santé mentale, de dépendances et de surdoses.  Dans le combat contre la COVID-19, il a pourtant été établi que les organismes à but non lucratif ont fait, localement, la différence. 

Il y aurait des milliers de personnes au Québec qui ignorent leur statut sérologique positif, et la situation avec la COVID-19 n’a fait qu’accentuer la situation.  En effet, la pandémie a accaparé grandement les ressources disponibles pour les tests effectués massivement dans la population, réduisant les effectifs disponibles au dépistage du VIH/Sida.  À ces éléments s’ajoute une diminution des budgets liés à la prévention et un relâchement des campagnes de sensibilisation. 

L’expertise du milieu communautaire en contexte de pandémie du VIH/Sida a été oubliée des autorités sanitaires malgré qu’elle aurait pu aider à limiter les dégâts.  Selon Michèle Blanchard, directrice de la Maison d’Hérelle, les maisons d’hébergements pour personnes vivant avec le VIH n’ont connu chez leurs résidants aucun cas de COVID-19 en 2020-2021.  C’est dire combien les leçons apprises à la dure dans le passé demeurent pertinentes aujourd’hui.  Cette expertise nous sert également dans le contexte de l’autre crise de santé publique, soit celle des surdoses qui frappe aussi nos communautés. 

« Ce sont les organismes communautaires qui ont sauvé la face pour renverser la tendance et les très hauts taux de contamination [au coronavirus]. Ce réseau, il doit être mieux financé, et il doit être beaucoup plus impliqué. Il connaît mieux les réalités que quiconque. » 

Isabelle Ruelland, chercheure et professeur associée à l’UQÀM, La Presse, 22 février 2022. 

Une conférence de niveau international à Montréal sur le VIH

Du 29 juillet au 2 août se tiendra à Montréal, la 24e conférence de l’International Aids Society (IAS; www.aids2022.org).  Nous profiterons de cette conférence afin de relancer la cause du VIH dans la population.  La 4e conférence avait eu lieu également à Montréal en 1989.  La ville de Montréal est reconnue comme étant un centre important de la recherche au Canada.  Les études qui y sont menées sur le VIH et les autres infections transmises sexuellement et par le sang (ITSS) sont source de découvertes scientifiques significatives. 

De plus, Montréal est de plus la première ville canadienne à se joindre au réseau international des Villes sans Sida.  Le 1er décembre 2017, la mairesse Valérie Plante signait la Déclaration de Paris, s’engageant ainsi à mettre un terme à l’épidémie au niveau local.  La Ville s’est ainsi dotée d’un plan d’action en 2018 pour accélérer la riposte contre l’épidémie de VIH et répondre aux besoins des groupes affectés comme le font actuellement les organismes communautaires.  L’engagement politique et communautaire de Montréal saura certainement inspirer les participants de l’IAS provenant de partout dans le monde.  La Fondation Québécoise du Sida, la Coalition des Organismes Communautaires Québécois Contre le Sida (COCQ-SIDA) et nos organismes membres sont heureux de cette initiative montréalaise et souhaitent discuter du plan d’action pour après 2020 et la phase deux de la lutte contre le VIH.  Le milieu communautaire a déjà un plan stratégique qui a pour objectif la cible 2030 de l’ONUSIDA 95-95-95.  Cette cible vise un taux universel de 95 % de cas connus dont 95 % sont traités et dont 95 % abaissent leur charge virale jusqu’à l’indétectabilité. Nous savons aujourd’hui que comme indétectabilité = intransmissibilité, on éliminerait ainsi le VIH à moyen terme.

L’action communautaire qui s’anime dans la métropole est également un aspect particulier qui a séduit l’IAS.  Non seulement, le milieu communautaire rend service à la population vulnérable mais il effectue aussi de la recherche concernant des mesures ou des programmes appliqués individuellement et collectivement.  La tenue du congrès sera l’occasion pour promouvoir l’expertise montréalaise en matière de recherche, de santé et de services à la population. 

La COCQ-SIDA sera un acteur important sur cette scène internationale déployée à Montréal cet été.  Un comité de visibilité communautaire du VIH formé de la Fondation Québécoise du Sida, de la COCQ-SIDA et de ses organismes membres est sur pied depuis octobre 2021 afin de profiter de cette plateforme pour remettre le sujet du VIH et sa cause dans l’actualité après deux années de pandémie de COVID-19.  Devant cette situation généralisée et à la veille de la conférence de l’IAS, les organismes communautaires et ceux de la lutte au VIH veulent obtenir des appuis supplémentaires des décideurs pour continuer leurs actions.  Leur rôle joué durant la pandémie de la COVID-19 a été important pour rendre accessibles les soins aux populations vulnérables.

Faire un don à la Fondation Québécoise du Sida, c’est s’assurer de la relance adéquate des services d’aide aux personnes affectées et atteintes par le VIH.  Nos organismes membres ont besoin de vous pour relancer leur mission! 

Ensemble, avançons vers un monde sans VIH/Sida.

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